Dispenser

Oui, on peut dispenser des cours

Les puristes prétendent que le verbe dispenser s’accompagne toujours d’une idée de libéralité et qu’il est abusif, par conséquent, de dire qu’une école « dispense » des cours. Or, le verbe dispenser s’emploie aujourd’hui dans un sens tout à fait neutre, au Québec et en France, pour parler d’enseignement, mais aussi de services, de conseils, de subventions, etc.

Être intéressé à + infinitif

Construction commode, employée surtout au Québec

Les Québécois utilisent régulièrement des tournures comme « les personnes intéressées à s’inscrire au concours ». Selon les puristes, il faudrait plutôt dire « les personnes qui souhaitent s’inscrire au concours » ou « les personnes désireuses de s’inscrire au concours ». Le tour « être intéressé à + infinitif » est-il pour autant un anglicisme? Il est permis d’en douter. L’article intéressé du Trésor de la langue française cite Balzac parlant d’un jeune homme « intéressé à étudier tous ces bourgeois ».

Intrigant

Correct dans le sens de « qui pique la curiosité »

Le mot a été mal recensé par les dictionnaires pendant de nombreuses années. Au Québec et en France, il a été présenté à tort comme un québécisme, ou encore comme un adjectif ayant pour seul sens « aimant mener des intrigues ». L’Office québécois de la langue française y consacre une fiche éclairante, dans laquelle il constate, à propos du mot intrigant, « une étonnante lacune dans les descriptions des lexicographes ».

Levée de fonds

Les investisseurs ont adopté le terme

Le nom levée de fonds et le verbe correspondant lever des fonds sont clairement entrés dans l’usage aujourd’hui, au Québec et en France, dans le domaine des finances. Cependant, dans le milieu de la philanthropie, on parle encore surtout de campagnes de financement ou de collectes de fonds.

Perluète pour « et »

Le symbole « & » peut se mettre entre deux noms communs

Le terme perluète, désignant le symbole du mot et (&), connait un grand nombre de variantes (voir la fiche Perluète / Esperluette). L’Office québécois de la langue française affirme qu’il est incorrect de mettre ce symbole entre deux noms communs, une « règle » sans motivation apparente. L’Académie française, entre autres, n’en tient pas compte, comme le montre l’image ci-dessous.

Perluète emploi Académie 1.png

Gracieuseté de xyz

Québécisme correct

En France, on n’entend plus dire aujourd’hui que tel ou tel objet ou service est une gracieuseté de l’entreprise xyz. C’est un don ou un cadeau, mais ces deux mots peuvent sembler trop directs dans l’univers québécois de la commandite (appelé sponsoring en France). Au Québec, le mot gracieuseté semble avoir la résonance appropriée pour l’emploi qu’on en fait.

Incidemment

Au Québec, courant et correct pour annoncer une légère digression

Le mot incidemment, employé en tête de phrase comme l’anglais incidentally, est encore dénoncé comme un calque. Les puristes recommandent plutôt des expressions comme entre parenthèses, au fait, à propos ou soit dit en passant. Dans ce sens inspiré de l’anglais, le mot incidemment est cependant utilisé depuis longtemps au Québec, et on le voit même en France, comme il est attesté ici. Voir aussi la fiche En passant.