Un laïc / Un laïque

Corrects tous les deux

Le cas des mots laïc et laïque est un peu curieux. Premièrement, la graphie laïque peut s’appliquer à un nom masculin ou féminin : Ce rituel est confié à un laïque / Ce rituel est confié à une laïque. Deuxièmement, il est permis aussi d’écrire laïc avec un c quand il s’agit du nom : Ce rituel est confié à un laïc. Troisièmement, quand le mot est utilisé comme adjectif, il s’écrit généralement laïque aujourd’hui (ex. un enseignement laïque), mais on voit aussi laïc (ex. un enseignement laïc). Pourquoi autant de complications autour de ce terme? Personne n’avance d’explication. Heureusement, on peut utiliser la forme laïque dans tous les cas.

Des jeux vidéo / Des jeux vidéos

Corrects tous les deux

Utilisé comme adjectif, le mot vidéo peut être considéré comme invariable ou varier en nombre seulement (et pas en genre) : ex. des productions vidéo ou des productions vidéos. Cette variante existe au Québec et en France, et probablement ailleurs.

Des graffiti / Des graffitis

Corrects tous les deux

Le singulier italien est graffito. Pour le pluriel, les italophones et les italophiles préfèreront la forme des graffiti. Mais les autres aimeront peut-être davantage des graffitis avec s, plus conforme aux règles habituelles du pluriel en français. La même remarque s’applique à beaucoup d’autres mots italiens comme spaghetti, ravioli, rotini, confetti, etc. Voir aussi la fiche Spaghetti, lasagne, macaroni.

Des stations-service / Des stations-services

Corrects tous les deux

Les deux pluriels sont en concurrence dans les dictionnaires et doivent donc être admis tous les deux. Curieusement, on ne relève pas dans les ouvrages de référence la forme « une station-services » avec un s au mot services, bien que nombre de ces commerces, au Québec et en France, proposent aujourd’hui une large gamme de produits et services (essence, journaux, produits alimentaires, etc.).

Perluète / Esperluette

Corrects tous les deux pour désigner le symbole « & »

Le mot perluète, écrit ainsi, est celui qui est privilégié par l’Office québécois de la langue française pour désigner le symbole représentant le mot et. Le Petit Robert donne seulement esperluette. Mais le terme connait beaucoup d’autres graphies (perluette, esperluète, éperluète) et même d’autres appellations (et commercial, et lié). Voir aussi la fiche Fausses fautes intitulée Perluète pour « et ».

À terre / Par terre

Corrects tous les deux et synonymes

Il est tout aussi correct d’écrire « Le tableau est tombé à terre » que « Le tableau est tombé par terre ». Au fil des décennies, certains ont cherché à établir une distinction entre les deux, mais en vain.

Soja / Soya

Québec : soya. France : soja (prononcé so-ja)

Le mot serait parti du chinois, puis serait passé par le japonais, le néerlandais et l’anglais avant d’aboutir finalement au français, sous deux formes différentes, au Québec et en France.

Dispenser

Oui, on peut dispenser des cours

Les puristes prétendent que le verbe dispenser s’accompagne toujours d’une idée de libéralité et qu’il est abusif, par conséquent, de dire qu’une école « dispense » des cours. Or, le verbe dispenser s’emploie aujourd’hui dans un sens tout à fait neutre, au Québec et en France, pour parler d’enseignement, mais aussi de services, de conseils, de subventions, etc.

Site web du gouvernement de France :

Dispenser Légifrance.png

Être intéressé à + infinitif

Construction commode, employée surtout au Québec

Les Québécois utilisent régulièrement des tournures comme « les personnes intéressées à s’inscrire au concours ». Selon les puristes, il faudrait plutôt dire « les personnes qui souhaitent s’inscrire au concours » ou « les personnes désireuses de s’inscrire au concours ». Le tour « être intéressé à + infinitif » est-il pour autant un anglicisme? Il est permis d’en douter. L’article intéressé du Trésor de la langue française cite Balzac parlant d’un jeune homme « intéressé à étudier tous ces bourgeois ».

Intrigant

Correct dans le sens de « qui pique la curiosité »

Le mot a été mal recensé par les dictionnaires pendant de nombreuses années. Au Québec et en France, il a été présenté à tort comme un québécisme, ou encore comme un adjectif ayant pour seul sens « aimant mener des intrigues ». L’Office québécois de la langue française y consacre une fiche éclairante, dans laquelle il constate, à propos du mot intrigant, « une étonnante lacune dans les descriptions des lexicographes ».

Levée de fonds

Les investisseurs ont adopté le terme

Au Québec et en France, le monde de la finance utilise couramment le nom levée de fonds et le verbe correspondant lever des fonds, bien qu’il s’agisse manifestement de calques de l’anglais. Cependant, dans les milieux de la philanthropie et de la politique, on parle encore surtout de campagnes de financement ou de collectes de fonds.

Site web du magazine français L’Usine Nouvelle, 23 novembre 2018 :

Levée de fonds L'Usine Nouvelle.png

Perluète pour « et »

Le symbole « & » peut se mettre entre deux noms communs

Le terme perluète, désignant le symbole du mot et (&), connait un grand nombre de variantes (voir la fiche Perluète / Esperluette). L’Office québécois de la langue française affirme qu’il est incorrect de mettre ce symbole entre deux noms communs, une « règle » sans motivation apparente. L’Académie française, entre autres, n’en tient pas compte, comme le montre l’image ci-dessous.

Perluète emploi Académie 1.png

Gracieuseté de xyz

Québec : gracieuseté de. France : don de.

En France, on n’entend plus dire aujourd’hui que tel ou tel objet ou service est une gracieuseté de l’entreprise xyz. C’est un don ou un cadeau, mais ces deux mots peuvent sembler trop directs dans l’univers québécois de la commandite (appelé sponsoring en France). Au Québec, le mot gracieuseté semble avoir la résonance appropriée pour l’emploi qu’on en fait.

Incidemment

Au Québec, courant et correct pour annoncer une légère digression

Le mot incidemment, employé en tête de phrase comme l’anglais incidentally, est encore dénoncé comme un calque. Les puristes recommandent plutôt des expressions comme entre parenthèses, au fait, à propos ou soit dit en passant. Dans ce sens inspiré de l’anglais, le mot incidemment est cependant utilisé depuis longtemps au Québec, et on le voit même en France, comme il est attesté ici. Voir aussi la fiche En passant.