Clôturer

Correct au sens de clore, malgré l’Académie

À l’entrée clôturer de son dictionnaire, l’Académie française écrit : « Ce verbe n’a pas d’emploi figuré. Dans le sens de terminer, on ne doit pas employer clôturer mais clore ou des périphrases telles que mettre fin à, mettre un terme à. » Pour l’Académie, clôturer peut uniquement signifier « entourer d’une clôture ». Elle est seule à défendre cette position.

Charge (être en – de)

Tout à fait entré dans l’usage en France

Au Québec, l’expression être en charge de (être chargé de, être responsable de) est dénoncée depuis plus d’un siècle comme un calque de l’anglais. En France, elle est largement utilisée depuis des décennies, y compris par d’excellentes plumes, notamment dans le domaine judiciaire (ex. le juge en charge de l’enquête).

Attester

Cet exploit atteste son talent ou atteste de son talent

Les deux tournures figuraient déjà dans le Dictionnaire du français contemporain de Larousse, il y a un demi-siècle, et se trouvent aujourd’hui dans le Larousse en ligne. Les deux formes sont répandues dans les médias – surtout attester de, qui n’a rien d’incorrect ni de rare, contrairement à ce que certains en disent.

But

Faux problèmes autour du mot but

Les expressions remplir un but, poursuivre un but et avoir pour but de ont été critiquées par des puristes, dans le passé, pour différentes raisons. Or, elles sont toutes bien entrées dans l’usage et ne font que refléter l’évolution normale et saine de la langue.

Bénéficier à

Synonyme courant aujourd’hui de profiter à

Le tour bénéficier à + nom a longtemps été dénoncé comme un calque de l’anglais. Or, l’équivalent anglais est to benefit someone, ce qui aurait logiquement donné « bénéficier quelqu’un ». Au Québec comme en France, l’expression bénéficier à quelqu’un semble plutôt être calquée sur profiter à quelqu’un, dont elle est synonyme. Bénéficier à est bien entré dans l’usage, ainsi que dans certains dictionnaires.

Le Figaro, 28 mai 2018 :

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Avérer

Une chose peut s’avérer vraie ou fausse

Malgré ce qu’en disent encore certains puristes, qui invoquent des raisons d’étymologie, la plupart des francophones ont cessé de percevoir l’idée de « vérité » contenue dans s’avérer, et utilisent maintenant ce verbe comme simple synonyme de se révéler. Il n’y a donc pas lieu de s’indigner devant une phrase comme « Son témoignage s’est avéré totalement faux ».

Après que + subjonctif

Après qu’il ait été nommé est correct aussi

Le Petit Robert présente l’emploi du subjonctif qui suit souvent après que comme « moderne » mais « critiqué ». Selon la règle traditionnelle, après que exige l’indicatif. Une construction comme « un siècle et demi après que cette parole ait été prononcée » (François Mauriac) est donc mal vue des grammairiens traditionalistes. Mais cet usage est bien installé depuis longtemps, y compris dans des publications de qualité. L’emploi du subjonctif est critiqué aussi (et à tort) après la construction espérer que.

Alternative

Courant dans des publications de qualité, au Québec et en France

On écrit couramment que tel processus est une bonne alternative à tel autre. Ou qu’il existe des méthodes alternatives pour arriver à un certain résultat. Ou qu’on doit faire une certaine chose parce qu’on n’a pas d’autre alternative. Dans tous les cas, il s’agit de solutions de rechange. Le nom alternative et l’adjectif alternatif, venus directement de l’anglais, ont fini par s’imposer pour des raisons de commodité et de mode.

Site web service-public.fr, consulté le 16 avril 2019 :

France mesures alternatives juin18.png

Yaourt / Yogourt

Québec : yo-gour. France : ya-ourte.

Le mot s’écrit et se prononce de façons différentes de part et d’autre de l’Atlantique sans qu’il y ait eu de débat sur la question. Par ailleurs, le Petit Robert indique que yogourt, avec prononciation du t final, est la « forme courante en Belgique, en Suisse et au Canada ». C’est inexact, du moins en ce qui concerne le Canada, car le t final ne s’y prononce pas.

Wifi / Wi-Fi

Terme à graphie très variable

En français, il existe au moins quatre façons d’écrire le mot : Wifi et Wi-Fi, mais aussi wifi et wi-fi. L’usage est encore très flottant. FranceTerme recommande officiellement de remplacer le terme Wifi par « accès sans fil à l’Internet », une idée inapplicable dans la vraie vie. Les Français prononcent oui-fi. Au Québec, on dit parfois oui-fi, mais surtout ouaï-faï.

Dix mètres de long, de longueur

Courants tous deux dans des publications de qualité

Le Larousse en ligne écrit : « On dit indifféremment trois mètres de long ou trois mètres de longueur. » La forme avec longueur est légèrement plus soutenue, mais l’autre n’est aucunement fautive.

Au plan de xyz

Synonyme correct de sur le plan de xyz

La tournure au plan de (ex. L’entreprise a réussi une belle percée au plan des exportations) est tout aussi correcte que sur le plan de. Depuis qu’un chroniqueur de langage en France l’a stigmatisée (à tort) dans un article des années 1960, bon nombre de puristes continuent de critiquer au plan de par simple mimétisme. Cette tournure, qui peut aussi être suivie d’un adjectif (ex. La région s’est distinguée au plan économique) témoigne pourtant d’une évolution normale de la langue. Voir aussi la fiche Au point de vue de xyz.

Salle de bain / Salle de bains

Les deux graphies sont aussi fréquentes l’une que l’autre

Au Québec, chambre de bain (ou chambre de bains) a été condamné à tort comme un anglicisme. En fait, c’est une vieille expression française encore très vivante au Québec, de même qu’en Suisse et dans certaines régions de France. Aujourd’hui, le terme salle de bain est vu comme plus moderne et distingué.

Résidant / Résident

Corrects et courants tous les deux

À l’heure actuelle, les deux formes coexistent en bonne intelligence. Résidant a pour lui le Multidictionnaire de la langue française et certains médias. Résident est défendu par l’Office québécois de la langue française, l’Académie française, Antidote, Usito, Le bon usage et le Larousse en ligne. Ce dernier donne la définition suivante de résidant : « Au Canada, autre forme de résident. »

Parcomètre / Parcmètre

Québec : parcomètre. France : parcmètre.

L’appareil s’est répandu en Amérique du Nord dans les années 1950, et par la suite en Europe. Les Québécois ont rapidement adopté le terme parcomètre, qu’ils utilisent encore. Les Français l’ont employé un certain temps aussi, puis ont adopté parcmètre vers les années 1970.

Parapher

Peut être avantageusement remplacé par initialer

En France, le paraphe est une signature abrégée, souvent limitée aux initiales. Au Québec, le verbe initialer, qui est clair et bien formé, permet d’éviter toute confusion avec parapher, que les médias québécois utilisent souvent comme synonyme de « signer » (ex. ce joueur vient de parapher un contrat de cinq ans avec son équipe). On écrit correctement parapher ou parafer depuis longtemps, bien avant l’avènement de la nouvelle orthographe en 1990.

En revanche, par contre

En revanche est plus courant en France qu’au Québec

Perçue au Québec comme plutôt recherchée, l’expression en revanche y est peu utilisée, mais son synonyme par contre sert en toute circonstance. En France, par contre a souffert des foudres de l’Académie française parce qu’un de ses membres, Voltaire, ne l’aimait pas. L’Académie admet l’expression aujourd’hui, « mais l’usage s’est établi de la déconseiller, écrit-elle, chaque fois que l’emploi d’un autre adverbe est possible ».

Remercier xyz de / Remercier xyz pour

Corrects tous les deux

Remercier une personne de tel ou tel service est un peu plus soutenu que remercier une personne pour ce service. Ce n’est pas une question de correction, mais de niveau de langue, de ton. Par ailleurs, il est tout aussi correct de dire merci de votre superbe bouquet que merci pour votre superbe bouquet. Quand le complément est un infinitif, on utilise toujours de : merci d’être venus.