Lors de

Évènements passés ou à venir

Selon une légende urbaine tenace, l’expression lors de ne pourrait être utilisée qu’en parlant d’évènements passés (ex. lors de leur dernier congrès). Cette fausseté a été véhiculée par quelques chroniqueurs mal renseignés, et confortée par l’absence, dans les dictionnaires, d’exemples liés à des évènements futurs. Il est tout à fait correct d’écrire : lors de leur prochain congrès.

Localiser

Deux sens relativement récents de ce verbe

Localiser un produit (ex. un logiciel, un jeu vidéo), c’est l’adapter en fonction d’un marché donné. À ce nouveau sens du verbe localiser correspond un nouveau sens du nom localisation, répertorié dans plusieurs dictionnaires, dont le Petit Larousse. Localiser a aussi pris aujourd’hui le sens de situer ou établir, comme dans l’exemple suivant de l’Office québécois de la langue française : « Leur nouveau centre de distribution sera localisé dans le parc industriel. »

En lien avec

Synonyme correct de en relation avec

« Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » : l’expression date des années 1990 en France. Au fil du temps, les médias français se sont mis à remplacer en relation avec par en lien avec, dont le principal mérite est d’être plus court. L’expression en lien avec n’est pas un anglicisme et dit bien ce qu’elle veut dire.

Kiosque

Québec : kiosque. France : stand.

Au sens de stand d’information ou stand d’exposition, le mot kiosque est maintenant admis par la plupart des ouvrages de référence au Québec (seul le Multidictionnaire de la langue française persiste à y voir une « impropriété »). Pour ce qui est d’autres expressions québécoises comme stand à hot-dogs ou stand de taxis, elles continuent d’être critiquées, à raison, comme des anglicismes inutiles.

Initier

Répandu au Québec et en France au sens de « commencer »

Le verbe initier (une réforme, des négociations) vient directement de l’anglais to initiate et continue d’être dénoncé par les chroniqueurs de langue. Il commence cependant à faire son chemin dans les dictionnaires. Par exemple, à l’article bal, Usito définit l’expression ouvrir le bal comme suit : « fig. initier une action, commencer. »

Impacter

Verbe utilisé au Québec, et davantage en France

Le nom impact, au sens général d’effet ou d’influence, est bien installé dans l’usage de part et d’autre de l’Atlantique. Ce n’est pas le cas du verbe impacter, qui connait relativement moins de succès au Québec. Les Français disent couramment que tel ou tel changement a impacté xyz ou a impacté sur xyz. En marketing, ils utilisent beaucoup aussi l’adjectif impactant.

Habiter sur la rue xyz

Courant au Québec et en Belgique. Et logique.

Selon toutes les sources françaises et québécoises, on peut très bien dire habiter l’avenue xyz ou habiter sur l’avenue xyz. Même principe pour le mot boulevard. Il n’y a donc pas de véritable raison de condamner habiter sur la rue xyz, tournure courante au Québec et en Belgique.

Hâte

Québec : hâte aux vacances. France : hâte de partir en vacances

L’expression avoir hâte de + infinitif (ex. avoir hâte d’arriver à la maison) est dans tous les dictionnaires. Le Multidictionnaire de la langue française la présente, à tort, comme un québécisme. Par contre, avoir hâte à + nom (ex. avoir hâte aux vacances) est un vrai québécisme. Voilà une construction commode dont les Québécois auraient tort de se priver.

Feuille de route

Québec : réalisations passées. France : réalisations futures.

Au Québec, feuille de route désigne généralement les antécédents ou le parcours professionnel d’une personne (ex. arriver dans un poste avec une feuille de route imposante). En France, l’expression désigne le plan d’action d’un dirigeant ou d’un gouvernement pour les mois ou les années à venir (ex. proposer une feuille de route ambitieuse).

Et/ou

Correct et souvent commode

Malgré le combat mené encore par certains puristes, l’expression et/ou est bien implantée dans l’usage au Québec et en France, et est clairement utile dans certaines circonstances. On aurait tort de s’en priver pour le seul motif qu’elle vient de l’anglais. Il est faux de prétendre que et/ou peut toujours être remplacé par un simple ou sans perte de clarté.

Échanger

Oui, on peut échanger avec d’autres participants

Depuis une vingtaine d’années, le verbe échanger a pris de nouveaux sens, qui se sont ajoutés aux anciens. On lit ainsi que les participants d’un congrès ont eu l’occasion d’échanger sur plusieurs thèmes. Ou qu’ils ont pu échanger avec divers spécialistes. Ces emplois du verbe sont bien entrés dans l’usage, mais pas encore dans tous les dictionnaires.

Deuxième plus grand

Courant aujourd’hui dans des publications de qualité

Venue depuis longtemps de l’anglais, cette construction est désormais implantée dans l’ensemble de la francophonie, notamment parce qu’elle est commode. Autres exemples : la troisième plus populeuse au monde, le quatrième plus rapide du pays. Les puristes préfèreraient la structure le café, au deuxième rang des boissons les plus consommées au monde.

Débattre, discuter, traiter

Verbes pouvant s’employer avec ou sans de

On peut très bien débattre un projet de loi ou débattre d’un projet de loi. Les deux tours sont corrects et synonymes. Certains auteurs ont cherché à établir là une distinction de sens, mais en vain. Il en est de même pour les verbes discuter et traiter. Aujourd’hui, la forme avec de semble être la plus répandue.

Écrasement d’avion, crash

Québec : écrasement. France : crash.

« S’il est possible d’employer crash aérien pour désigner un accident aérien dans lequel un avion se fracasse contre quelque chose, on évitera de dire qu’un avion s’est crashé », écrit l’Académie française sur son site Web. Les médias québécois utilisent habituellement le mot écrasement; les médias français, systématiquement crash.

Prendre un cours

Aussi correct que suivre un cours

Plusieurs auteurs québécois voient un anglicisme dans l’expression prendre un cours, sans doute à cause de sa ressemblance avec l’anglais et de son absence des dictionnaires français. Mais si on peut prendre des leçons de chant (Grand Robert), pourquoi pas un cours de chant? La tournure prendre un cours est largement utilisée en France, où elle ne semble susciter aucune critique.

Convenir

Le verbe convenir s’emploie avec être, mais surtout avec avoir

La forme Elles sont convenues de, seule admise par l’Académie française, est rare. Cette construction du verbe convenir avec l’auxiliaire être est aussi plus guindée. La forme habituelle aujourd’hui se construit avec avoir, comme dans Elles ont convenu de partir.

Considérer sans comme

Le tour considérer une personne trop xyz est correct

Les puristes sont encore unanimes à soutenir que le verbe considérer doit obligatoirement être suivi de comme (ex. il est considéré comme trop vieux pour faire de l’escalade). Or, on trouve la forme sans comme sous de bonnes plumes depuis longtemps, et même dans des articles de dictionnaire.

Confronté à

Courant aujourd’hui dans des publications de qualité

L’expression être confronté à un problème, à un défi, etc. est rejetée par certains puristes, sans raison claire. Selon le site canadien Termium, « quelques-uns y voient encore une tournure lourde, voire familière, ou encore un emploi critiqué inspiré de l’anglais ». Ce tour figure dans plusieurs dictionnaires avec la mention « critiqué ». Mais il est bien entré dans l’usage, au Québec et en France.

Condo

Au Québec, terme standard pour appartement en copropriété

Condo est aujourd’hui un terme neutre et courant au Québec. Il n’est pas plus « familier » que les mots auto ou cellulaire. Sa version longue condominium ainsi que l’expression appartement en copropriété sont habituellement réservés à des documents officiels. L’expression vivre en condo est très courante, à l’écrit et à l’oral.

Site web de la Ville de Montréal, consulté le 16 avril 2019 :

Condo image Ville Montréal.png

Comme par exemple

Correct avec ou sans virgules

Des puristes voient dans l’expression « comme par exemple » un pléonasme fautif (car certains pléonasmes sont jugés corrects). À leur avis, il faudrait dire « comme » ou « par exemple », mais pas les deux à la fois. D’autres notent qu’on peut éviter le pléonasme en encadrant « par exemple » de virgules (ex. comme, par exemple, les oranges). C’est une complication inutile. L’expression « comme par exemple » est clairement entrée dans l’usage avec ou sans virgules.