Rappeler

Pourquoi se rappeler de est-il boudé par les dictionnaires?

Tout le monde utilise spontanément la tournure se rappeler de quelque chose. Les auteurs de grammaires et de dictionnaires persistent néanmoins à présenter se rappeler quelque chose comme la seule forme correcte. Ne pourrait-on pas considérer se rappeler quelque chose et se rappeler de quelque chose comme de simples variantes, au même titre que attester quelque chose et attester de quelque chose?

Quitter

Au sens de « partir », correct au Québec et en France

L’utilisation du verbe quitter sans complément d’objet direct (ex. la directrice a dû quitter de bonne heure) est tout à fait correcte. Courante au Québec et en France, cette forme est décrite à tort par certaines sources comme « vieillie » ou « fautive ». Or, le Larousse en ligne la présente simplement comme « familière » et le Petit Robert la répertorie sans commentaire en citant un auteur contemporain.

Prioriser

Le verbe et ses dérivés sont déjà dans plusieurs dictionnaires

La série priorité, prioriser et priorisation est formée logiquement selon le même modèle que égalité, égaliser et égalisation ou modernité, moderniser et modernisation. Les mots prioriser et priorisation sont bien implantés aujourd’hui au Québec et en France. Quelques ouvrages y voient encore, à tort, des fautes de langue.

Prévoir

Québec : prévoir partir. France : prévoir de partir.

Entre le verbe prévoir et l’infinitif qui le suit, les Français mettent toujours la préposition de. Les Québécois ne la mettent jamais. Peu de gens ont remarqué l’existence de ce québécisme. Et personne, heureusement, ne s’en est ému.

Plaisir (il me fait — de)

Québécisme correct et utile

L’expression il me fait plaisir de (vous annoncer, vous faire parvenir, etc.) n’a absolument rien de fautif. Elle est bien construite et dit bien ce qu’elle veut dire. Son seul défaut est de ne pas avoir cours en France. Au Québec, elle continue de rendre de grands services dans les discours de circonstance et la correspondance officielle, malgré les propositions des puristes (ex. j’ai le plaisir de, cela me fait plaisir de, etc.).

Périple

Désigne correctement tout type de voyage long

Parce qu’il contient le préfixe grec peri, qui veut dire « autour », quelques auteurs très puristes soutiennent que le mot périple s’applique uniquement à un voyage maritime d’exploration autour d’une mer ou d’un continent. En fait, le sens du terme s’est beaucoup élargi avec le temps : il désigne maintenant tout type de voyage long, effectué par quelque moyen que ce soit.

Passible

S’applique aux personnes ou aux actes

On dit correctement qu’une personne est passible de nombreuses années de prison si elle est reconnue coupable de tel ou tel crime. On peut dire tout aussi correctement que tel ou tel crime est passible de nombreuses années de prison.

Part

Québec : faire sa part. France : prendre sa part.

Au Québec, depuis des générations, l’expression faire sa part (d’un effort collectif) est faussement présentée comme un calque de l’anglais to do one’s part. En fait, le tour existe au Québec et en France depuis au moins le milieu du 19e siècle et n’a rien d’anglais. Il est simplement moins employé aujourd’hui par les Français. Ces derniers utilisent entre autres l’expression prendre sa part (ex. chaque pays européen doit prendre sa part dans l’accueil des réfugiés).

Affiche d’une campagne de la Communauté métropolitaine de Montréal contre les sacs de plastique, photo janvier 2019 :

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Pallier

On peut pallier une faiblesse ou à une faiblesse

La plupart des ouvrages présentent encore pallier le manque de xyz comme la seule construction correcte, selon une tradition tenace mais infondée. Sur le modèle de remédier à, la forme pallier à est clairement entrée dans l’usage depuis plus d’un demi-siècle et se rencontre régulièrement dans des textes de qualité.

Opportunité

Courant aujourd’hui dans des publications de qualité

Opportunité est clairement entré dans l’usage au sens de occasion ou possibilité. Au Québec comme en France, les milieux d’affaires parlent depuis longtemps de belles opportunités de carrière, d’opportunités financières à saisir, etc. Les dictionnaires froncent encore les sourcils, mais l’usage a nettement tranché. Le mot anglais opportunity vient de l’ancien français oportunité.

Si nécessaire, si possible

Formes fautives? Pas du tout.

Ces deux expressions sont parfois soupçonnées d’être des anglicismes. Il n’en est rien. Ce sont des formes elliptiques pour « si cela est nécessaire » et « si cela est possible ». On voit également si besoin est et, de plus en plus, si besoin tout court, surtout dans des documents de France qui se veulent concis (ex. augmentez la dose, si besoin).

« Ne » explétif

Jamais obligatoire

Quelques exemples du ne explétif :
– Nous allons intervenir avant qu’il ne soit trop tard.
– Vous devez empêcher qu’il ne parte avant d’avoir remis la clé.
– Elles sont mieux préparées que vous ne le pensez.
– Certains craignent que les xyz ne reviennent.

Dans tous ces cas, le ne explétif peut être omis sans problème. Certains pensent même que les phrases s’en trouveraient améliorées.

Membre

Québec : une membre. France : un membre féminin.

L’emploi du nom membre au féminin est devenu courant au Québec, mais pas partout ailleurs. Le mot a l’avantage d’être épicène, c’est-à-dire d’avoir la même forme au masculin et au féminin, comme dentiste ou notaire.

Lors de

Évènements passés ou à venir

Selon une légende urbaine tenace, l’expression lors de ne pourrait être utilisée qu’en parlant d’évènements passés (ex. lors de leur dernier congrès). Cette fausseté a été véhiculée par quelques chroniqueurs mal renseignés, et confortée par l’absence, dans les dictionnaires, d’exemples liés à des évènements futurs. Il est tout à fait correct d’écrire : lors de leur prochain congrès.

Localiser

Deux sens relativement récents de ce verbe

Localiser un produit (ex. un logiciel, un jeu vidéo), c’est l’adapter en fonction d’un marché donné. À ce nouveau sens du verbe localiser correspond un nouveau sens du nom localisation, répertorié dans plusieurs dictionnaires, dont le Petit Larousse. Localiser a aussi pris aujourd’hui le sens de situer ou établir, comme dans l’exemple suivant de l’Office québécois de la langue française : « Leur nouveau centre de distribution sera localisé dans le parc industriel. »

En lien avec

Synonyme correct de en relation avec

« Association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » : l’expression date des années 1990 en France. Au fil du temps, les médias français se sont mis à remplacer en relation avec par en lien avec, dont le principal mérite est d’être plus court. L’expression en lien avec n’est pas un anglicisme et dit bien ce qu’elle veut dire.

Kiosque

Québec : kiosque. France : stand.

Au sens de stand d’information ou stand d’exposition, le mot kiosque est maintenant admis par la plupart des ouvrages de référence au Québec (seul le Multidictionnaire de la langue française persiste à y voir une « impropriété »). Pour ce qui est d’autres expressions québécoises comme stand à hot-dogs ou stand de taxis, elles continuent d’être critiquées, à raison, comme des anglicismes inutiles.

Initier

Répandu au Québec et en France au sens de « commencer »

Le verbe initier (une réforme, des négociations) vient directement de l’anglais to initiate et continue d’être dénoncé par les chroniqueurs de langue. Il commence cependant à faire son chemin dans les dictionnaires. Par exemple, à l’article bal, Usito définit l’expression ouvrir le bal comme suit : « fig. initier une action, commencer. »

Impacter

Verbe utilisé au Québec, et davantage en France

Le nom impact, au sens général d’effet ou d’influence, est bien installé dans l’usage de part et d’autre de l’Atlantique. Ce n’est pas le cas du verbe impacter, qui connait relativement moins de succès au Québec. Les Français disent couramment que tel ou tel changement a impacté xyz ou a impacté sur xyz. En marketing, ils utilisent beaucoup aussi l’adjectif impactant.

Habiter sur la rue xyz

Courant au Québec et en Belgique. Et logique.

Selon toutes les sources françaises et québécoises, on peut très bien dire habiter l’avenue xyz ou habiter sur l’avenue xyz. Même principe pour le mot boulevard. Il n’y a donc pas de véritable raison de condamner habiter sur la rue xyz, tournure courante au Québec et en Belgique.